LES TROIS GRANDES VOCATIONS CHRÉTIENNES
"Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie"
Évangile selon saint Jean, 14, 6
À la louange de la gloire de Dieu, le Christ, Verbe du Père, depuis toujours a choisi par l'Esprit Saint et selon sa Parole (Jean 14, 6) des hommes pour les mener selon leurs talents de part le monde (Chemin), dans la quête intellectuelle des mystères de sa divinité (Vérité) ou sur les terrasses d'or de la pure contemplation de Sa Gloire (Vie).
Ces trois voies, bien qu'intimement mêlées parce qu'elles n'ont qu'une seule chair (la carnem Christi), peuvent cependant faire l'objet d'une distinction de l'intellect inspiré qui démèle, par-delà les choses périssables d'une vie d'homme, un flux de vie et d'Amour éternel qui conduit, guéri, béni et sanctifie selon un principe général fondé sur la personnalité de chacun. En effet, le grand, l'immense, l'incomparable Docteur Angélique nous dit que "Dieu est la fin de toutes choses et que chaque être s'efforce de s'unir à Dieu dans la mesure même de ses possibilités" (Contra Gentiles, III, 25). Or nous soutenons, confiants dans l'Esprit Saint, qu'il existe différentes possibilités de vie. Et elles se déploient selon un principe charitable (par exemple Mère Teresa), intellectuel (par exemple saint Thomas d'Aquin) ou spirituel (par exemple un Chartreux).
CHEMIN. Lorsque l'Epouse est entrainée par l'Epoux (Cantique des Cantiques 1, 4) sur les chemins du monde, à la suite de Jésus guérissant les malades sur les chemins de Galilée, à la recherche de pauvres à inviter (Luc 14, 13), de petits enfants à accueillir (Marc 9, 37), de faiblesse à porter (Rm 15, 1), et lorsque seulement cet esprit de charité et d'imitatio Christi enflamme cette âme pour le bien du malheureux, il est question ici de la vocation à marcher dans la Voie.
VÉRITÉ. Lorsque la créature rationnelle se rend compte des possibilités ouvertes par le maniement habile d'un intellect, alors elle applique toute son intelligence à "dévoiler un coin du voile métaphysique qui nous cache encore ici-bas la vision pleine de Dieu" (E. Gilson, Le thomisme, introduction), "car c'est une joie très grande que de pouvoir, humblement et faiblement, apercevoir quelque chose" (Contra Gentiles, I, 8). Alors méditer la vérité, la proclamer et réfuter l'erreur (Contra Gentiles, I, 1), voilà la tâche de celui à qui Dieu aura confié la capacité –et le temps – de s'appliquer à l'étude. C'est la vocation d'avancer en vue de la Vérité.
VIE. Lorsque l'Épouse reste assise à l'ombre désirée de l'Epoux (Cantique des Cantiques 2, 3), le guettant les yeux dans les yeux revenir à Sion (Is 52, 8) en s'asseyant solitaire, en se taisant et en s'élevant au-dessus d'elle-même (Guigues le Chartreux, Coutumes, 11, 20) c'est alors qu'elle s'enflamme de charité surnaturelle pour ce qu'elle n'a pas encore, donne sa misérable vie pour trouver la Vie, et se purifie de l'artificialité du monde par la pénitence afin de déceler au plus profond d'elle-même la donation constante et absolue de la Vie trinitaire. Quittant désormais l'éphémère, elle s'attache uniquement au Mystère éternel ; elle est alors dans la vocation de la Vie.
À vous, bonnes âmes, voyageurs de l'intellect créé et cœurs purs.
En Christ, par sa Rédemption, dans son Église ;
à l'abri du démon dans les plis du manteau de sa sainte Mère Marie ;
je vous souhaite de bien transformer chaque minute de votre vie en vie éternelle.