Etre et néant chez Hegel (science de la logique de 1817)
&39, 40 et 41 de la théorie de l'être de Hegel




PROPEDEUTIQUE


aa) Dimension méta-historique et permanente de Hegel ;

 Il veut explorer les structures de l'intellect pour prouver que c'est en lui qu'existe le beau, l'ordre, la loi, la rationalité - indépendamment de" toute expérience –
La métaphysique est donc une science qui considère les déterminations conceptuelles de la pensée comme étant les déterminations fondamentales des choses mêmes.
Qu'ainsi toute connaissance de la nature et de l'homme n'est qu'une re-connaissance de soi-même par cet intellect. L'intellect prend occasion des saisies particulières de la réalité pour devenir conscient et se concrétiser soi-même.

IDÉALISME ABSOLU.

 a) - il a voulu construire un SYSTÈME sous forme d'une DEDUCTION UNIVERSELLE (c'est pour cela qu'il commence par l'être) ; a priori donc ; et nécessaire

 b) - "tout le réel est rationnel et tout ce qui est rationnel est réel" – pas de hasard…
- "le mouvement qui se produit dans l'histoire construit quelkque chose déterminé selon une logique".
- "ce qui meut le monde, c'est la contradiction" : DIALECTIQUE

 c) EN SOI : universel
POUR SOI : singularité
ETRE-POUR-UN-AUTRE : particulier
CHEZ SOI ET POUR SOI : singulier

 Une affirmation « en soi » se fait nature en devenant « pour soi » et finie en « idée absolue ».

 

d) - Idéalisme absolu : les déterminité de l'esprit sont les déterminités de la réalité.
Ce qui est dogmatique : une pensée qui, d'une proposition, affirme et nie le contraire.

 

 III- LA LOGIQUE DE HEGEL

La logique de Hegel a un statut métaphysique. Comme la réalité est un procès logique constant, la logique est l'élément fondamental du système.
Ontologie =  "doctrine des déterminations abstraites de l'essence".


1° Théorie de l'être en 1812

2° Science de la logique de 1817

3° Science de la logique 1827 et 1830 (Grande logique)


 ETRE Þ NEANT Þ DEVENIR L’Etre pur, définition la plus simple et la plus abtraite de toutes (Parménide). Mais ce qu’il y  a d’indeterminé est néant. La synthèse est dans le devenir.

 

DEVENIR Þ QUALITE Le devenir a besoin de support pour être quelquechose. On a besoin d’une qualité.

 

QUALITE Þ QUANTITE La qualité a besoin de la quantité (Pythagore), lmes quantités doivent êtres "groupables" et doit se différencié des autres qualités.

 

QUANTITE Þ MESURE Discernement de la "quantité de la qualité". Dieu est la mesure de toute choses.

 

IV- ANALYSE DU TEXTE

LE SYSTÈME COMMENCE ICI. OR IL EST CIRCULAIRE, tel que le commencement se retrouve à la fin.


SYLLOGISME DU PASSAGE À ÉTUDIER :

1° L'être est le plus indéterminé

2° Or ce qui est indeterminé est le néant

3° Donc être = néant.


IL EST QUESTION ICI DE MONTRER EN QUOI LA VÉRITÉ DE L'ÊTRE EST DANS LE NÉANT, ET CELLE DU NÉANT DANS L'ÊTRE ET EN QUOI LEUR UNITÉ, LEUR VÉRITÉ, EST LE DEVENIR.


Þ & 39 : L'ETRE

Se forcer à accompagner Hegel dans sa compréhension de l'être pur, c'est un effort considérable, exceptionnel qu'il exige comme recquisit de la réflexion philosophique. -

Définition première de l'absolu : l'être-pur, c'est-à-dire le plus abstrait, donc ce qui semble être le plus absolu.)

L'être est premier parce que :

1 - il pensée pure : l'absolument abstrait ou abstraction absolue.
2 - et l'immédiat simple (ce qui est d'abord devant nous) cf. saint Thomas d'Aquin : ce qui est premier pour l'intellect, c'est l'être. et parce que toute détermination ultérieure de la pensée s'appliquerons à lui.  

Qu'est-ce que ce que cet "être" qu'il prend comme point de départ ? (parce que si nous lui accordons cela, il devient beaucoup plus facile de le suivre très loin.)

 - ni  un axiome premier ou un postulat ; auquel cas, il serait déjà médiatisé par l'esprit.
- ni objet de sensation
- ni objet de représentation
- ni intuition (déjà une médiation)
- ni concrétude
- ni la représentation même
- ni catégorie, ni la catégorie la plus haute
- ni même essence, ni concept (qui implique déjà des déterminités)
® car ce serait alors déjà des médiations de la pensée envers la réalité.
- ni l'être le plus riche (ens thomiste) mais le plus pauvre (indigent)
- ni l'indétermination même, qui serait déjà une détermination.
- ni réel (car non concret) ni pensée de ce réel (car déjà conceptualisé, donc déjà déterminé).
- ni être, au sens d'ens, même (Penser l'être le plus général et universel qui soit, c'est déjà penser tel être).

 quasiment apophatique (pseudo-Denys et la théologie négative) ; ineffable (&40)

C'est en fait une sorte de "nivellement idéal" et dé-concretisé de l'effectivité ; qu'il est impossible d'enfermer dans une définition. En fait, il s'agit de la pensée elle-même se prenant comme objet.

UNE PENSÉE PURE. L'être est la pensée qui se prend elle-même pour objet.

Depuis Parménide qui a identifé l'être absolu avec la pensée pure : fragment III : " le pensé et l’être sont une même chose. Ainsi tenter de penser l'être pur et simple, absolument indeterminé, c'est penser purement et simplement. Une pensée qui n'englobe rien et qui n'est englobé par rien. C'est le point d'origine d'où surgit la pensée et l'être.

 C'est "penser dans le vide" ; Ce vide est le néant. (l'être est indigent, dira-t-il au & 41). Les bouddhistes ont tentés de penser cet absolu comme non-être.

 

&41 ETRE = NÉANT

- Il y a toujours, chez Hegel, cette tension, qui devient identitaire, contraire, opposé, mais dialectique, entre réalité et pensée. -

De l'être pur, il n'y a rien de déterminé dont on peut dire qu'il le soit ; il est donc rien, néant. "Le néant est néant". "L'être n'est pas". Il y a toujours un jeu entre être et néant.

Quelquechose est déterminé parce qu'il est nié "toute détermination est négation". Donc il y a toujours un "jeu" entre être et néant. Dans chaque étant déterminé surgit l'être et le néant.

 Or Parménide déjà dit : "l'être est, le non-être n'est pas". Penser l'être exclu totalement le néant. Et donc le néant exclut l'être. C'est typiquement un mouvement conceptuel hegelien. L'être renvoie au néant et le néant renvoie à l'être.

 - identité d'être et néant mais conflit permanent entre eux, ce qui ne gène pas Hegel, au contraire : La VÉRITÉ du néant est dans son Autre, l'être, et réciproquement.


1° La différenciation Être et Néant

Etre et néant sont tout deux égaux à soi. Ils s'auto-suppriment dans l'immédiateté. Ce n'est pas contradictoire, c'est l'acte même de se contredire. Ils contiennent en eux leurs déterminations.

 Mais : qu'est-ce qui différencie être et néant ? "l'un n'est pas ce que l'autre est". Pas de différence immédiate, dans l'immédiateté requise à ce niveau, car ce serait alors une déjà une détermination (une différence suppose d'être déjà-determiné). "Ici la différence n'est pas encore donnée". Mais seulement "la différence est seulement visée" ; elle sera posé lors de la synthèse de l'être et du néant en DEVENIR concret (dasein, être-là). En fait, il faut attendre la synthèse pour "poser" les déterminations concrètes, il faut attendre le moment de la concretisation.

 Leur unité (être=néant) est déduite, c'est une analyse (a priori), et donc nécessaire. D'où le découlement logique qui va s'en suivre.

 

2° Le PNC ou la non-étantité de l'être et du néant

Ici Hegel se défend notamment contre le PNC (voir : Aristote (Métaphysique, G3)) Il montre que ce qu'il vise avec l'identité de l'être et du néant n'est pas comprise dans cette pensée commune, car en "introduisant des buts particuliers, ou de l'utilité", elle passe d'une abstraction pure à un étant déterminé ; il y est introduit une une relation et une médiation à un sujet. On ne parle donc plus du néant et de l'être tel qu'ils sont ici.

- On remarque aussi que Hegel ne place pas l'être et le énant "tout en haut", mais tout en bas, ils sont indigents par rapport à des étants aussi riches que Dieu, etc… ONTO-THEO-LOGIE appliquable qu'à Hegel ? (Dieu est un étant). ; Ces étants sont déjà concrets : l'être est ce qu'il y a de plus abstrait  (Dieu est alors ce qu'il y a de plus concret) ; donc l'être et le néant "ne suffisent pas pour exprimer ces objets".

 

3° Contre l'anticipation recquise par le besoin de conception

La conception demande beaucoup plus de diversité conceptuelle, afin de se faire une idée plus "courante" et/ou pratique de l'unicité de l'être et du néant, elle demande de se le re-présenter ; - encore un combat que mène Hegel pour bien définir ce qu'il entend véritablement par son unicité entre être et néant.
- D'où le parallèle (très connu) qu'il fait entre vie courante et vie philosophique. La philosophie arrive à se maintenir dans une abstraction pure.
- (B) Développement a priori et analytique de la philosophie, de l'abstrait au concret. Or la conception commune a besoin de concrétude. Hegel souligne que c'est anticiper le moment concret qui va apparaître avec l'être-là.

 

4° Le devenir et le da-sein

L'unité qui résulte du passage de l'être dans le non-être (et vice-versa) est le devenir. On y trouve l'être et son Autre absolu (le devenir). Le devenir est à la fois être et non-être ; il est le premier contradictoire ; mais c'est une possibilité de comprendre l'être et le non-être dans une seule notion.

L'être et le néant tous deux s'auto-excluent et se synthétisent logiquement en devenir ; auto-suppression dialectique.  Il n'est devenir que parce qu'être et néant sont différents. Et c'est le devenir qui "pose" leur profonde différence. Etre et néant ne sont différents qu'une fois posé leur synthèse.

Le devenir est la transposition de l'acte et de la puissance en terme d'être et de non-être. Il y a un déjà-là (l'être) et un pas-encore (non-être). De même pour le commencement : dans ce concept, il y a de l'être et du non-être : "la chose n'est pas encore, mais elle est toutefois."

Il est lui même abstrait, non-stable, non-concret.

Il a besoin de concrétude, de stabilité, car il est en lui-même contradictoire. & 88, 4 de la version de 1830 : "le devenir n'est pas seulement l'unité de l'être et du néant, il est en lui-même le non-repos ou leur trouble (werden…ist die Unruhe in sich)". De sa contradiction interne, surgit l'être-là, le da-sein, qui fixe ses moments et pose une conceptualité concrète.

 

En effet, il s'agit d'un devenir stable, qui serait en quelque sorte "déjà-devenu", un être-là qui serait un Da-sein. Ce sera pour le & 42. Le da-sein sera la fixation du devenir en DEVENU. À la foi le premier concept et le premier réel concret.

 

- HERACLITE ; fragment 49a "dans les mêmes fleuves nous entrons et nous n'entrons pas, nous sommes et nous ne sommes pas."

-ARISTOTE : acte et puissance ; il y a dans le mouvement aristotélicien également un jeu entre l'être et le néant ; toute possibilité n'est pas encore (néant) (puissance) ; cependant elle est exclue par l'être en s'actualisant (acte).