LE TOURNANT HEIDEGGERIEN DE LA PHÉNOMÉNOLOGIE
Introduction à la lecture de Martin Heidegger (Sein und Zeit)



1889. La lecture de Brentano, a été la grande découverte de sa vie. Si l’être a de multiples sens, quoi en retenir ?  Un penseur est l’homme d’une seule idée. La seconde rencontre, c’est avec Husserl ; il a dit qu’il lui a implanté les yeux. Husserl était le professeur, et Heidegger le maître assistant. Ils ont pensé ensemble. Husserl a dit un jour, la phénoménologie, c’est vous et moi. Heidegger veut penser ce qui a été la pensée unique de la philosophie. Il n’y a pas de philosophie heideggérienne disait Heidegger en 1955. Tous les grands textes de l’histoire, disent la même chose selon Heidegger, sans en avoir conscience. Ce qui est commun, c’est l’unique question de la philosophie celle annoncée par Brentano.

I-    L’affaire de la pensée

Le même ne veut pas dire l’identique. Tous les auteurs disent la même chose. En 1923, il a un cours : l’ontologie, et y cite 4 auteurs : Luther compagnon; modèle Aristote ; Kierkegaard me donne les impulsions ; Husserl me donna les yeux. D’Aristote il retient la question de l’être. C’est à cette question d’Aristote qu’est consacrée une de ses conférences. Qu’est-ce que l’étant ? Une question qu’il faut maintenir comme question. Avant Platon, les présocratiques. La première page de Etre et étant, est une citation de Platon. L’être arrive en éclat multiple. Heidegger médite Aristote mais aussi Teta 10 sur la vérité ; Ethique à Nicomaque 6. Aristote a été l’auteur qu’il a le plus commenté. La maxime phénoménologique : Droit aux choses mêmes. L’exercice du regard pour aller aux choses même et la fidélité de la description. Heidegger s’est toujours réclamé de cette maxime. Heidegger est fidèle et fait preuve d’une surfidélité à l’égard de la maxime. Il faut comprendre les grecs plus qu’eux-mêmes ne s’étaient compris. Heidegger marque en marge, nous allons prendre Husserl au mot. Ramener la phénoménologie à sa tâche et à sa difficulté ; le passage du pluriel, au singulier. Il n’est jamais question que d’une chose en phénoménologie, et cette chose, c’est l’être. L’appel à la chose même, c’est un appel de retour à la philosophie. La philosophie tout entière entend le même appel. La primauté de la méthode chez Husserl ne doit pas faire oublier  la subjectivité. Le principe des principes, c’est l’intuition donatrice originaire.  La méthode, ce sont les yeux.

Heidegger : toute la pensée est ….

On y trouve une méthode fondamentale de la phénoménologie. La sixième recherche logique a été le plus travaillé par Heidegger. Le regard phénoménologique fait voir, ce qui jusqu’ici échappe à la vue. Il faut exercer le regard en vue de l’affaire de la pensée. Sans regard, il n’y a pas affaire de la pensée ; mais sans l’affaire de la pensée, la méthode est vide. Sans la phénoménologie, la question de l’être n’aurait pas été possible. Utiliser la méthode, pour se réapproprier quelque chose. Qu’est-ce qui met en route la philosophie ? L’étonnement ! Qu’est-ce qui étonne par excellence. La merveille des merveilles, c’est le moi pur disait Husserl. La merveille des merveilles selon Heidegger, c’est qu’il ya l’étant. Le contexte de Husserl c’est l’épochè. Celui de Heidegger, c’est l’angoisse. Le tournant Husserlien, c’est un tournant vers le sujet ; celui heideggérien, c’est le tournant vers l’être. Heidegger dit que  ce qui est oublié c’est la question de l’être, dans Sein un Zeit. Le phénomène par excellence, c’est le phénomène de la phénoménologie. Dans une conférence de 1965 l’affaire de la pensée : ce par quoi la pensée est requise. Quelle est l’affaire propre de la philosophie ? La philosophie va dire que l’étant est et comment il est. Le comment est le chemin pour aller vers le plus étonnant. Il s’agit de montrer ce qu’est l’affaire de la pensée. Paragraphe 7 de  « Etre et Etant » à lire. Ici, il se lance dans un hommage à Husserl. 

Dans un cours de 1926-27, seule la phénoménologie peut donner un sens au concept de l’être. Il faut s’interroger sur ce que veut dire science, puis ce qui veut dire phénomène. Science : description qui doit être menée en fonction des phénomènes. Phénomène : ce qui appelle à être pensé. Phénomène pris au sens de l’apparence, réalité. Ce sens premier suppose une signification plus originelle : ce qui se manifeste. Ce mot de manifestation est équivoque. N’importe quelle chose peut apparaître et renvoyer. Ce qui se montre soi même, c’est l’espace et le temps. Ce qui se montre de lui-même dans l’étant, ce sera l’être. Le logos c’est ce qui fait voir ; ce qui amène à la lumière, ce qui découvre. Le préconcept de phénoménologie est construit à partir de phénomène i.e. ce qui se montre ; mais il faut le montrer, et c’est le travail du logos. Faire voir à partir de lui même ce qui se montre, tel qu’il se montre à partir de lui-même. Quel phénomène faut-il faire voir ? Quel est le phénomène de la phénoménologie qu’il faut faire voir ? Ce qu’il faut faire voir, c’est qui a besoin d’être montré ; ce qu’on doit montrer est aussi ce qui s’est retiré depuis longtemps. Une apparition et un retrait. Ce que nous voyons d’abord, ce n’est pas l’être comme tel, c’est un étant. Il faut remonter de l’étant à l’être qui s’est dissimulé. L’être de la phénoménologie, se donne et à la fois ne se donne pas. Ce qui se donne à nous est le plus souvent caché ou couvert. Sans le logos, nous ne pourrons rien voir.  Faire voir à partir de lui même, ce qui se montre à partir de lui même. Si on doit le montrer, c’est qu’il ne se donne pas totalement. Le phénomène de la phénoménologie est recouvert, il faut l’amener jusqu’au jour. Le §7 et la réécriture de Husserl en grec. Le paragraphe 44 donnera l’Aletheia.

09-12-08

Le rapport du logos au phénomène est originel chez Heidegger. Une intuition doit être soutenue par un logos. Le tout justifie le motif discret de l’herméneutique. La question de Heidegger se traite en trois temps : un temps ontologique ; phénoménologique ; et le recours au logos pour voir ce qui ne se donne pas. On a besoin du logos pour voir disait le jeune Heidegger dans le  cours de 1925 qui est un premier jet d’Etre et temps. La description a le caractère de l’interprétation. Pour Heidegger, il faut passer par une explication qui passe par le fil du langage. Or pour Husserl, il suffit du voir pur.

L’ontologie n’est possible que comme phénoménologie. Il n’y a pas une ontologie à côté de la phénoménologie, mais il y a une ontologie comme phénoménologie ; le mot de phénoménologie va disparaître pour revenir à la fin de sa vie pour expliquer son parcours. C’est dans les années 20 que Heidegger se réclame phénoménologue. En 1973, Heidegger présente son travail comme phénoménologie de l’inapparent ; c’est la conséquence du paradoxe du paragraphe 7 : le phénomène ne se donne pas, il faut le faire voir. Le phénomène est recouvert ; il faut le découvrir.  Dans le mot grec alethéia, il y a le recouvrement, et dans le « a » privatif, le dévoilement. Pour Heidegger, nous ne pouvons que oublier l’être puisqu’il est recouvert par l’étant. Cet oubli ne doit pas être considéré comme un défaut de notre part ; il ne peut en être autrement. Ce n’est pas nous qui nous cachons l’être, c’est lui même qui se retire. L’oubli veut dire retrait et se retirer ; cet oubli de l’être est le fait de l’être et non de l’homme. Toute la suite de Heidegger est la conséquence de ce paradoxe. Le tout n’est pas sans violence. Le paragraphe 7 est une violence par rapport à toute la tradition de la phénoménologie.  C’est le destin de la phénoménologie, d’aller du clair vers l’obscur. La présence nous fait défaut. L’idéal en 1913, c’est le principe des principes, la présence de la conscience aux choses ; c’était le paradis de la phénoménologie ; mais nous y étions chassés. En regardant autrui, il ne se donne pas ; les choses ne cessent d’échapper à Husserl. Heidegger explique pourquoi les choses nous échappent. Elles ne peuvent que nous échapper. Les mots nous font défaut, parce que les choses ne se laissent pas prendre dans les mots. Ce qui manque souvent, ce ne sont pas les mots, mais la grammaire. A travers Heidegger, se continue une certaine marche vers l’aporie ; il ya dans son travail une grande fidélité qui retrouve le travail de Husserl pour partir de l’attitude naturelle. On peut recommencer ; la réduction est un recommencement. Chez Heidegger, le phénomène au sens vulgaire, c’est ce qu’il faut quitter. Il faut en saisir le sens ou le sens d’être. Le rapport de Heidegger à Husserl est un rapport de violence. Chez Husserl, l’oubli de la vie est naturel ; et chez Heidegger, il faut un oubli de l’être. Il ya une certaine fidélité. L’acte plus haut que la puissance selon Aristote est un langage phénoménologique.

Pour Husserl, la phénoménologie remonte jusqu’à Descartes et Kant. Pour Heidegger, il s’agit de remonter jusqu’aux grecs. D’où la reprise du paragraphe 7 au paragraphe 44.

Qu’est ce que ce logos qui fait voir ?

Ce que devient l’œuvre de Heidegger après Etre et temps.  Il faut partir du concept traditionnel de vérité pour remonter en amont. Trois affirmations : le jugement est le lieu de la vérité ; la vérité est l’accord du jugement avec son objet : concordance entre ce qui est dans la pensée et ce qui est ; c’est Aristote qui serait l’inventeur de ce concept de vérité.

Ce qui est vrai c’est ce qui montre. Un autre concept de vérité, c’est ce qui découvre ou l’être découvrant. Si la vérité découvre, elle peut toujours manquer ce découvrement. Ce n’est pas par hasard si le découvrement se dit chez les grecs par un « a » privatif. Heidegger dit que la physis aime à se cacher ; c’est ce retrait de l’être qui est en même temps au cœur de la vérité. Les choses sont sous nos yeux mais il faut les dégager de tout ce qui les occulte. L’œuvre du logos, c’est de rendre vrai, avérer ; i.e. montrer le vrai. On remonte toujours jusqu’aux grecs. Aristote dans Ethique à Nicomaque,VI,3: les cinq modes pour avoir la vérité. La phronesis c’est un savoir propre à l’homme. Comment sortir de la situation présente ; que choisir ? Quand faut-il choisir ? Dans ce temps de choix, le Dasein décide de son existence. Il ya un temps lié à la manière d’être de l’homme. Il ya un temps propre à l’existence humaine qui est l’instant de la décision. Le livre majeur s’intitule Etre et temps. Il faut le temps propre de la phronesis. Un troisième point : l’oubli de l’être, la dissimulation, le retrait. Notre comportement peut faire aussi que nous oublions l’être. Le plus souvent, l’homme se perd dans son monde, il est dans l’attitude naturelle. C’est peut-être d’abord notre faute, mais d’abord, c’est l’être qui retient sa vérité et non pas l’homme.

Deux manières différentes d’aborder la question : comportement de l’homme ; comportement de l’être lui-même. La première phénoménologie de l’homme,  c’est notre comportement. Le tournant est qu’on aborde maintenant la question de l’être à partir de l’être lui-même. Ce a quoi la philosophie se rapporte, cela nous aborde et nous touche. C’est un renversement. Le sujet devient l’objet. L’être appelle l’homme et nous ne faisons que répondre ; de sorte que la parole humaine devient la parole seconde. Dans l’oubli de l’être, l’être lui-même se retire et s’oublie. Heidegger ne cesse de thématiser que l’être est aujourd’hui tombé dans l’oubli. Ce qui donne est recouvert par un phénomène. Et le tout est l’affaire de la pensée.

II-  répétition ou destruction de la phénoménologie

Le concept de répétition est présent chez Heidegger ; il l’a pris chez Kierkegaard ; c’est approprier. Non pas reproduire ce qui a été fait, mais retrouver une possibilité inscrite dans le passé, et qu’il est possible de répéter. C’est un véritable retour du possible pour le libérer à nouveau. En gardant le mot répétition nous gardons sa fidélité à Husserl ; avec destruction, son opposition à lui. Détruire c’est se défaire de certains concepts traditionnels pour retrouver l’impulsion première. La destruction de la phénoménologie, est un exercice exemplaire. En détruisant la vulgate on en arrive à l’impulsion initiale. La phénoménologie est un concept de méthode.

Qu’est-ce Heidegger va retenir de la méthode phénoménologique : réduction ; construction; destruction. Avec la destruction c’est remonter à la source où les choses ont été puisées. Il est possible que l’origine du mot de destruction soit théologique. Ce mot viendrait de Luther qui voulait détruire la théologie scolastique pour revenir à ce qui est primitif.

La construction et la destruction sont à penser ensemble. Construire veut dire que l’être doit être porté au regard

Réduire veut dire reconduire : De ce qui s’offre au premier abord à la chose même ; de ce qui est premier pour nous à ce qui est premier en soi, cette idée vaut des bibliothèques. La réduction c’est de mener de l’étant vers l’être. Elle n’a de sens que comme réduction de l’étant à  l’être. C’est ici qu’apparaît l’expression de différence ontologique chez Heidegger. Reconduction de l’étant à la compréhension de l’être de cet étant. Ce passage doit reconduire pour Heidegger, la phénoménologie à elle-même. Dans le cours de 1927 : réduction, construction, destruction. La phénoménologie husserlien mené en cinq temps : §5 : intentionnalité : c’est de ce phénomène que la phénoménologie reçoit son point de départ. Mais c’est cela qui fini par lui faire obstacle. L’intentionnalité ne relève pas simplement d’un vécu de conscience ; mais elle doit être élargie à tout notre comportement. L’homme tout entier dans sa manière d’être est intentionnalité. §6 : Intuition catégoriale : c’est l’intuition qui porte sur l’être chez Husserl. L’âme vibre, parce que quelque chose s’est déjà montré à elle. La conquête de l’ontologie se fait grâce à l’intuition catégoriale ; §7 : le sens originaire de l’a priori : l’a priori concept majeur du 1er Husserl. L’a priori est sensé arracher notre manière de penser au psychologisme ; l’a priori, c’est l’être ; §8 : le principe de la phénoménologie ; §9 : éclaircissement du mot de phénoménologie.

La subjectivité transcendantale ; l’intentionnalité ; la réduction. C’est sur ces trois points que se porte l’analyse de Heidegger.

Heidegger, se réclamait de Husserl, qui est détruit.

1)   La subjectivité transcendantale

Pour Husserl, la véritable pensée de l’homme, c’est la subjectivité. Tout est constitué dans ma subjectivité transcendantale. La véritable conquête de la phénoménologie pour Heidegger, c’est l’être. Or pour Husserl c’est la conscience qui est mise en avant. Heidegger dit que l’esprit est cartésien.  L’intuition est donatrice. L’origine de la donation des phénomènes, c’est l’intuition. C’est la conscience qui donne. Chez Kant, la conscience reçoit. Chez Husserl, elle donne. Tous les objets sont constitués dans la subjectivité transcendantale. Le seul étant de valeur absolue, c’est la subjectivité transcendantale. Au lieu d’aller vers la chose, on va vers la conscience. La conscience absolue n’a besoin d’aucune chose pour être. Heidegger dit le contraire : l’être n’a besoin d’aucune conscience pour être. La façon husserlienne de thématiser le sujet, cache la véritable question. Au lieu de conscience, Heidegger invente un autre mot : Dasein : là, il ya l’être, là s’ouvre l’être. Dasein qui est ouverture à l’être. C’est une destruction de la méthode husserlienne. On détruit la conscience pour mettre à la place le Dasein qui lui ressemble, mais il ya une nuance qui change tout.

 

16-12-08

Le Dasein : « être » le « là » de tout, et cela change la philosophie. Le monde et le Dasein, n’ont pas le même mode d’être. Le Dasein est une ouverture au monde.

§1 Différence entre Dasein et monde

§2 Quel est le mode d’être de l’étant dans lequel le monde se constitue ?

Pour comprendre le mode d’être du monde, il faut commencer par un étant dont on va observer le mode d’être particulier ; Heidegger parle de ontologie fondamentale. Le fondement de l’ontologie. La deuxième formule : métaphysique du Dasein. Troisième formule : analytique du Dasein ;

§3 à 7 : Le soi facticiel. La manière d’être particulière du Dasein ; le facticiel, c’est le contingent, qui ne peut être déduit absolument. Une description concrète qui prend en charge la contingence.  Pour arriver à la constitution de tous les étants il faut partir de cette particularité qui renvoie à la contingence. 4ème formule : herméneutique de la facticité. C’était un sous titre de 1923 d’une conférence. Il faut expliquer l’existence du mode d’être du sujet transcendantal.

Il ya le constituant et le constitué. L’être est au moins doué de deux sens chez Heidegger : l’être du monde, et l’être à partir duquel est constitué le monde. Etre et Temps est parti du mode d’être qui est le nôtre.

Le Dasein est incontournable mais toujours en rapport avec l’être. La question du Dasein chez lui est très intéressée. Il parle de l’homme comme celui qui entre en relation avec celui qui a l’être dans son entier. Décrire en l’homme, ce qui se rapporte à l’être. Il ne s’agissait pas pour Heidegger de faire une anthropologie. En cela, il ya des manques telles par exemple la différence  entre masculin et féminin.  Husserl croit que Heidegger écrit une anthropologie ; c’est une herméneutique de la facticité, c’est une analytique du Dasein. Il appartient à l’existence qui est la nôtre de s’interroger sur son mode d’être. La première question du Dasein, c’est quel est mon être ? A partir de cela, je peux m’interroger sur les autres êtres. Le Dasein, c’est  celui pour qui il est question dans son être, d’être. Celui qui interroge dans un rapport à l’être. Il est question de l’essence du Dasein de s’interroger sur lui-même.

2èm motif, l’intentionnalité : tout commence par là. Chez Husserl il y avait un exemple privilégié qui était la perception. Heidegger le remplace par intentionnalité. L’intentionnalité peut devenir un slogan et finalement être coupé de son véritable sens. Il faut saisir l’intentionnalité de façon plus radicale. Ce qui est là et dont je me préoccupe. Deux mots : souci et outil. Nous nous préoccupons d’abord de ce qui nous soucie. Nous nous soucions des choses dont nous avons besoin et qui deviennent au sens large, des outils. C’est l’étant rencontré dans la préoccupation. Le Dasein est d’abord un Dasein soucieux. L’intentionnalité, c’est le premier caractère phénoménal du Dasein. Le Dasein est en rapport à ce qui est hors de lui. La transcendance du Dasein commence par le souci de la chose qui est devant moi. Le passage de Husserl à Heidegger, nous transporte d’un monde à l’autre.

Le Dasein qui est là au centre est ex-tatique i.e. ex-centrique. Le Dasein est l’ouverture à un autre que soi ; ouverture au transcendant. On part du motif petit du souci (lire le paragraphe 41 de Etre et Temps) pour aller à la transcendance. Le souci, c’est l’incontournable. La destruction de l’intentionnalité est le vrai retour à l’intentionnalité.

3ème terme : la réduction

Il faut arriver à une description concrète de l’être devant rien. La question : que provoque pour vous un rien ? Le vide absolu ? Le paragraphe 40 est consacré à l’angoisse ; elle est l’équivalent de la réduction chez Husserl. Il oppose l’angoisse et la peur. La peur se fixe un objet qui vient à notre rien. Celui qui éprouve l’angoisse ne recule devant rien. C’est une manière d’être au monde. Le mot qui rend cela, c’est la panique. L’angoisse porte sur l’être-au-monde comme tel.

Dans Kant et le problème de la métaphysique, l’angoisse est la disposition qui nous place devant le néant.  Dans Qu’est-ce que la Métaphysique ? (cf Photocopie). L’angoisse révèle le néant ; elle nous tient suspendu et après, elle nous coupe la parole. La réduction s’impose. Pas de chemin vers l’angoisse ; elle nous tombe dessus, elle éclate comme tel et nous force à penser. Husserl a cherché à faire le chemin vers la réduction ; mais tel n’est pas le cas pour Heidegger. L’angoisse m’aide à comprendre ce que veut dire l’être pour moi. Heidegger revient à la philosophie comme la philosophie du concret.

Les trois formules d’intentionnalité du principe des principes et de la réduction sont détruits, mais au fait pour revenir à leur source.

 

III-        La genèse d’ Etre et Temps :

Au départ, ce devait être un livre sur Aristote avec les 5 manières de révéler la vérité. Lire « Interprétation phénoménologique d’Aristote ».

1922 : début de Etre et temps

La conférence de 1924 sur le temps, devant les théologiens ; comprendre le temps à partir du temps et non à partir de l’éternité. Le caractère fondamental du Dasein, c’est d’être temporel. Il s’agit de décrire notre mode d’être. La question qu’est-ce que le temps, devient à la fin de la conférence, qui est le temps. Le temps est compté au Dasein qui est situé comme un être temporel, mortel.

Les trois mots fondamentaux : être (§1); temps ; Dasein : étant exemplaire qu’il faut interroger le premier. Il est l’ouverture de l’être. Il ya une primauté du Dasein. §4 : Analytique du Dasein. Le Dasein existe. En nous, il est l’étant que je suis à chaque fois moi-même. Il a un statut qui n’est pas celui des choses. Les choses n’existent pas. Le Dasein a à exister. « Dieu n’existe pas, il est eternel ». Je suis une question pour moi, mais Dieu n’est pas question pour Dieu ; la pierre n’est pas un problème pour une pierre. L’animal est pauvre en monde ; il ne va chercher dans le monde que ce qui lui est nécessaire. L’homme seul est configurateur du monde. L’homme existe avec une dimension fondamentale qui est un rapport au temps. Son existence dépend de son histoire. C’est une façon de dire que nous sommes des êtres de liberté. Rapport à l’extériorité et à la temporalité qui est le propre du Dasein. §69 Si nul Dasein n’existe, nul monde n’est là. §44c : il n’ya de vérité que dans la mesure qu’il ya un Dasein. Vérité veut dire dévoilement, et il n’ya dévoilement qu’à un Dasein. Pas de temps, sans l’homme, dans la mesure où l’homme existe en vue de soi et en vue de tout le reste. Le Dasein c’est ce que nous sommes à chaque fois dans la vie qui est la nôtre. Le Dasein factis ; Pas tel que nous nous rêvons. Heidegger l’appelle la médiocrité ; il s’agit de la quotidienneté de la vie. La facticité développe elle-même l’interprétation ; le Dasein s’interprète dans son mode d’exister.  « La vie s’interprète elle-même » selon Diltheig.

Heidegger examine la vie facticielle de comment les premiers chrétiens vivaient selon la description de St Paul. Une vie en attente du retour du Christ. Après cela, un Dasein qui s’engage à partir de la quotidienneté. Montrer le Dasein en lui même à partir de lui-même dans sa quotidienneté moyenne. Décrire notre quotidienneté et montrer par là les structures de notre Dasein. Le Dasein n’est pas une chose, parce qu’il a une dimension temporelle qui n’est pas une chose. Une présence subsistante n’est pas la manière d’être du Dasein. Le Dasein est en tension vers soi. Devient ce que tu es. Formule grecque reprise par Heidegger. Devenir futur.

Il ya une conception vulgaire du temps ; c’est la chose qui est là, présente. Le toujours là, le sans cesse là. L’étant, c’est ce qui est présent. Le souci est aussi toujours lié au temps. On se soucie de ce qu’on a à faire. On se soucie de ce qu’on mangera peut-être demain. Dans le discours chrétien de Kierkegaard : chez lui, le discours édifiant, c’est le discours d’angoisse. Le souci, c’est un souci du futur. Tandis que le Dasein se temporalise, il ya aussi le monde. Le phénomène fondamental du Dasein, c’est le temps. Manière vulgaire pour le Dasein de penser le temps.

Le comportement du Dasein à l’égard des trois extases du temps : avenir, présent, passé.

Temps inauthentique :

Avenir : temps intramondain ; inauthentique ; s’attendre à

Présent : présentifier

Passé : Oubli ou la conservation

Temps authentique :

Avenir : anticipation

Présent : le kairos ( le moment qu’il faut saisir)

Passé : la répétition

13-01-09

§7 (être); 44 (Dasein) ; 69 (temporalité de l’être au monde ; comprendre être et Dasein dans le temps. Paragraphe récapitulatif de tout l’Etre Temps)

Comment les choses me sont-elles données ?

1.   Le comment du constitué

Il ya monde ; les choses se donnent à nous. « Ah, que le monde est grand, à la clarté des lampes » (Baudelaire)

A l’intérieur du monde, nous rencontrons des choses intramondaines. Notre premier rapport est pratique dans l’utilisation que nous faisons des choses, qui précèdent toute théorie. La théorie est liée à la privation de la pratique. Le comportement théorique vient ensuite. La première activité est celle de la main. La main est un grand thème de Heidegger ; la main qui manie des outils. Il ya une genèse de la pensée, de la théorie, à partir du concret. Nous voyons les choses parce que nous voyons déjà comment nous pouvons les utiliser. Il ya donc une genèse existentiale de la science. De la pure praxis à son oublie dans la théorie. Enracinement de la science dans l’existence. Le Dasein se rapporte à un étant qui n’est pas lui-même.

Penser notre premier rapport au monde comme utilisation c’est rencontrer le monde comme outil. A quoi cela sert ? Un premier savoir est celui de l’usage.

Les choses appartiennent au monde comme un outil. Un outil renvoie à autre chose. Le monde est comme totalité des renvois à partir d’un premier étant qui est donné à la main.  Le renvoi apparait clairement, qu’il se fait plus ou moins bien. Prenons l’exemple du marteau qui doit marteler ; consolider une maison ; cette maison qui nous abrite, nous en tant que Dasein. Tout outil est tourné vers le monde, et le monde, vers le Dasein. L’étant que nous rencontrons est pris dans un système que nous devons comprendre. Il faut qu’un monde soit ouvert pour que nous ayons l’usage d’un outil. Il ya là une circularité. Tout cela se retrouve dans le §15. Même la nature nous apparaît comme un ensemble d’outils. C’est la description de l’étant en tant que tel. Pour lui, la technique est un dévoilement du monde. En 1927, c’est grâce à l’outil, que Heidegger comprend le monde comme tel. La phénoménologie de l’outil, est née à partir des grecs : la matière, la forme, la puissance, l’acte. Les grecs pensent la physis à la lumière de la poiesis. Aristote dira que l’art imite la nature.

L’outil a deux modes d’être. Il n’est pas regardé pour lui même. Il peut être présent non pas par soi, mais pour nous ; c’est comme cela que le Dasein aborde les choses. Le premier mode des choses, c’est que nous puissions les tenir et de les utiliser. Ce premier concept est celui de Zuhandenheit.

Martino traduit « être à porté de la main » (activité de la main qui peut prendre tout de suite) ; Courtine : disponibilité. Jean Louis Chrétien: « ce qui s’offre à la main ». Fédier : être en main ;  utilisabilité. Il est vrai que l’étant ne se réduit pas à cela. C’est en passant par l’étant à portée de la main et en le dépassant qu’on peut le connaître.

Deuxième mode de l’outil : Vorhandnheit : l’outil peut être inemployable.  On commence à faire attention à un stylo, lorsqu’il n’a plus d’encre par exemple. L’étant inutilisable continue d’être là. Tout aussi intraduisible que le mot premier. Martino : « être sous la main » (c’est le solidement là ; constamment là) ; Courtine : subsistance ; Fédier : « être à portée de la main » ; (Feyzin ??) : « être là devant ». Jean Louis Chrétien : ce qui se tient devant nous. On perd la phénoménalité de l’outil et la phénoménalité du monde.

-      Temps

Depuis les grecs, le temps, avec le présent comme substance. Le sens de l’être, c’est le déploiement de la présence. Etre chez les grecs, chose disponible  et toujours présente. Dérida invente la métaphysique de la présence. Le concept de présence s’enracine dans l’analytique de l’ousia

-      Mener une destruction pour retrouver le  Vorhandenheit pour retrouver le Zuhandenheit. L’attitude naturelle est celle qui pose les choses. c’est la thèse générale du monde. Dans l’attitude naturelle, le monde est toujours là comme réalité.

-      L’oubli de l’être

Il a lieu de plusieurs manières. Une manière, c’est la Vorhandenheit. L’oubli qui est présent dans cette première manière de l’étant, est la véritable explication de l’oubli de l’être. L’être ne cesse pas de tomber dans l’oubli dans le contexte du Dasein. Le Dasein ne cesse pas d’oublier. Il s’affaire à autre chose. Nous considérons que tous les étants existent de la même façon. Une pierre et un homme sont pris dans le même sens d’être.

2èm motif : les deux modes d’être du Dasein.

Il ya une primauté de l’existence ; il faut décrire notre propre facticité. Le Dasein se présente dans cette quotidienneté médiocre (être dans la moyenne).  Il faut tenir à la fois cet être qu’est le mien, et cet être que nous sommes. Qui est le Dasein ? Est-ce moi même de façon évidente ? Le plus souvent c’est quelqu’un comme les autres. De prime abord, le Dasein n’est pas lui-même. Peut-être le Dasein dans son interpellation, c’est moi. N’être pas soi même, c’est la première manière du Dasein. Celui qui n’est pas pleinement lui-même, c’est lui qu’il faut décrire. La vérité du Dasein est d’être proprement soi-même, celui qu’on ne peut remplacer.  Notre condition première, c’est le divertissement (Pascal) ; c’est de nous égarer.

Dans mon être, il ya un être avec, qui se présente comme être-comme-autrui. Tout homme = n’importe quel autre. C’est le motif heideggérien de « on ». Le motif de la médiocrité conduit au « on » ; au nivellement qui nous dépossède de toute responsabilité. L’« on » décharge l’homme de sa responsabilité. Le soi même du Dasein est perdu dans l’inauthenticité. La chute est la condition de relèvement de l’authenticité. D’abord je ne suis pas mon être propre. Ce n’est qu’après que je peux être moi-même. L’être soi même authentique est une modification de l’inauthentique.

Au départ, il ya une neutralité avec Heidegger. Pas de moralité tout de suite. Le bavardage, la curiosité, l’équivoque : le Dasein tombe de lui-même. Il est pris par le monde et par le « on ». Il se perd. Il tourne le dos à lui-même, et s’abandonne au monde.  Il doit revenir à soi. C’est une structure du Dasein, mais il nous est toujours donné de nous tirer de ce désastre. L’angoisse nous sort de la dictature du « on ». 

2èm remarque : pour Heidegger, il s’agit de décrire ontologiquement le Dasein, et non d’un jugement. Ce n’est donc pas une chute, au sens théologique. C’est parce qu’il ya une chute ontologique, qu’elle peut donner lieu à une chute morale ou théologique. Tout ce qu’il dit sur le caractère neutre de la déchéance, peut être compris par nous comme une dénégation. (Dans les années 20, Heidegger a travaillé avec le théologien Bultmann).

3èm motif : le mode d’être du Dasein. Ce mode n’est pas à décrire comme celui des êtres. Existence et catégorie sont les deux caractères essentiels de l’être. L’affection, la disposition affective, la compréhension et la parole sont les modes fondamentaux d’existence du Dasein. Ces trois existentiaux donnent aussi occasion à une chute : le bavardage ; la curiosité ; l’équivoque

 

 

 

19-01-09

§29 et 34 : Les existentiaux décrivent le Dasein. Trois grandes existentiauq  affection ; compréhension ; parole

L’affection : la manière de se sentir d’être disposé ; une façon d’être accordé au monde qui nous entoure. Pas d’existence sans tonalité affective. Si le Dasein est celui qui s’ouvre au monde, cela se fait tolujours dans une tonnalité affective (stimmung), même s’il cherche à s’en détourner. Le Dasein, c’est le constiuant par rapport au constitué. La stimmung est une humeur qui est la nôtre ; on n’est jamais sans humeur. C’est en même temps une atmosphère dans la quelle nous sommes plongés. C’est à la fois nous et notre extérieur. Etre soi, et être avec. On s’accorde au monde d’une certaine manière. Nous sommes embarqués sdans le monde. Nous sommes ouverts à tout ce qui peut venir à notre rencontre. La stimmung devient un fil conducteur de la phénoménalité. Avant tout vouloir, il ya cette façon d’être là. Cette manière s’impose à nous comme une phénoménologie de la facticité. L’affection est inaugurale et ouvre la pensée. §29, Heidegger se livre à trois caractéristiques : La stimmung est une ouverture : elle ouvre le Dasein dans son être jeté. Ceci se passe comme un détournement. Ensuite la stimmung ouvre le  Dasein au monde. Enfin l’affection ouvre le Dasein à la totalité du monde. Dès lors rien ne vienne à la pensée sans partir de cette ouverture fondamentale.

Pour H. il faut décrire ses possibilités pour voir s’il n’ya pas une disposition affective fondamentale qui ouvre monde et pensée. C’est le monde en son entier qui fait son apparition à partir de l’angoisse. Nous n’échappons pas à l’angoisse. C’est elle qui nous met devant l’être au monde comme tel. Pour réfléchir sur le concept de monde, ce sera à partir de la stimmung. Pour Husserl, le monde est un horizon. Husserl a progresser de la penser pour en arriver au monde. Pour Husserl, c’est d’emblée, dans l’angoisse. Mais la qsuestion : ya –il d’autre dispositions affectives fondamentales dans l’histoire ? Pourquoi la pensée heideggérienne s’ouvre dans l’angoisse ?  Ceci ne veut pas dire que la joie par exemple ne soit pas possible. Seulement, l’angoisse est plus inaugurale que les autres. Toute joie chez lui a lieu sous fond, d’une angoisse. Plus tard, se sera la sérénité pour lui quand il aura lu Maître Eckhart. Même dans l’émerveillement des grecs, il ya quelque chose de l’angoisse. Le plus inquiétant de toutes les inquiétudes, c’est l’homme selon Heidegger. Nous sommes premier au négatif. Plus tard Heidegger va se mettre à commenter les poètes ; ce sont eux selon lui qui vont interpréter la stimmung. Le chemin de la phénoménologie pour Husserl, c’était la perception. Mais pour Heidegger, c’est l’affection. Il y aun changement de terrain. Scheller avait fait pareil que Heidegger.

La compréhension : le comprendre du Dasein. Affection et compréhension sont cooriginaires. Comment nous sentons nous, et comment allons nous exisqter ; la compréhension est fondamentale pour l’existence. Elle s’inscrit dans le cours même de s’accomplir. Comprendre notre possibilité d’être. nous vivons toujours avec certaines possibilités. Si nous so !!es jetés dans une situation donnée, comment sortir d’affaire ? Cette posibilité d’être, consstitue notre existence. C’est une détermination originaire et ultime. Le comprendre ouvre des possibilités au Dasein. « Qu’est-il allé faire dans cette galère ? » (Molière). Je suis déjà jeté. Mais qu’est ce je dois faire ? comment m’y prendre ? S’ouvrir à son être, à des possibilités. En vue de quoi, je peux exister ? Cet « en vue de quoi », Heidegger le dit : « projet ». L’existence est projet. C’est ma manière de comprendre le monde. L’existence humaine est une existence qui forme des projets. Je sui sjeté en vue d’un possible. Etre jeté dans la constitution (Geworfenheit), et le projet vers (entworf). L’un ne va pas sans l’autre. Le projet n’est pas notre horoscope. Là, je vois des possibilités, ce en vue de quoi j’existe. Toute la pensée trouve son enracinement dans cette compréhension première. Même la vision des essences de la phénoménologie (de Husserl bien sûr), s’enracine dans le comprendre existentiale selon Heidegger. Le comprendre se voit dans l’explicitation.

Il ya donc deux manières de comprendre. Comprendre, c’est voir comme. Toute chose que je vois, je la vois comme. La structure du comme se décline comme un « comme herméneutique » (voir comme) et un « comme apophantique » (dire). Au départ, le comme es simplement herméneutique, et n’a pas besoin du logos. Heidegger fait du langage, quelque chose de ddérivé, comme Husserl ; alors que le troisième exixtential c’est la parole. La parole ne se réduit pas à une proposition. Mais la proposition n’est pas la seule manière de formuler

§34 : la parole : si nous allons vers l’être, c’est aussi à travers le langage. Acheminement vers la parole. La parole est un sous entendu de l’affection et aussi du comprendre. La parole est une manière d’être notre là. C’est une partie de notre Dasein. La mienneté du Dasein culmine bien sûr dans l’authenticité. Le solipsisme existential : personne ne peut être notre « être-là ». Je suis bien sûr là avec d’autres. L’entente, et le faire silence.

L’entente : la voix de l’ami que tout Dasein porte avec soi. Pour certains c’est la voix de l’autre ; pour d’autres c’est notre propre voix, la voix de notre conscience. Par l’entente, le Dasein est auprès de ce qui entend.

Le silence : seul se tait, un être de parole. C’est dans la parole véritable qu’il ya le silence. Le silence rompt le bavardage. La phénoménologie de Heidegger, c’est aussi celle de l’inapparent.

§57 : H, y parle de la question de la conscience morale. C’est la conscience silencieuse qui me rappelle à moi-même. 

Les trois existentiaux ouvrent un rapport à l’être. Tout Dasein du fait qu’il existe dans une disposition affective, de compréhension et de parole, est en vue de l’être. La question de l’être tombée dans l’oubli, est d’abord pour le Dasein.

L’ouvrage dont nous traitons, c’est Etre et Temps.

La question du temps est celle par excellence de la phénoménologie pour Husserl et pour Heidegger. Pour Husserl, l’absolu phénoménologique c’est le temps, dans les Ideens. Il faut réinterpréter l’intentionnalité suivant le temps.

Différence avec Husserl : il écrit sur la conscience intime du temps. Heideger, non

Husserl met en place la réduction ; réduction de la facticité. Pour Heidegger, c’est une herméneutique sur la facticité.

Chez Husserl, il ya un évident privilège du présent. Mais aussi le passé. Car depuis Platon, la pire des choses qui puisse arriver à un homme, c’est de perdre la mémoire.  Il ya une éviction du futur chez Husserl. Mais Heidegger : le Dasein existe comme possibilité ; mais possibilité à venir. Les daseins seuls possèdent un avenir. Un des fils conducteur de « Etre et temps », c’est le souci.  Nous avons cela chez Kierkegaard. Le souci est d’abord un souci de l’avenir. Le seul avenir est notre fin selon les fragments de Pascal.  Le phénomène essentiel du temps, c’est l’avenir selon Heidegger. Le temps est pensé à partir du caractère fini du temps. Si nous privilégions l’avenir, c’est que nous sommes mortels. Finitude radicale. C’est la mise en place de la thématique heideggerienne : avenir, mort, angoisse. Penser le temps à partir le lui même et non à partir de l’éternité. Il s’agit pour Heidegger de montrer trois choses. Le phénomène du temps st à partir du Dasein dans sa manière d’exister. La chose se comprend de façon classique comme présence subsistante.  Nous ne pensons les étants qu’à partir de comment nous les utilisons. Au lieu de considérer le temps comme le présent subsistant, nous allons le comprendre à partir du Dasein. L’être là perpétuel doit se maintenir dans son anticipation. Le rapport au temps est un rapport d’anticipation. H ; veut sortir de la compréhension naturelle du temps. L’anticipation de l’avenir est l’attitude originale du Dasein.

Puisqu’il faut ouvrir le temps à partir du futur, il faut aussi le penser à partir de la mort. Comment penser le temps dans un rapport particulier par rapport à la mort. C’est pour un mortel que la tâche à être s’impose.

Malgré tout, il s’agit de penser le temps en temps que temps dans sa totalité à partir du futur pour en venir au présent et au passé.

§ 81 : concept vulgaire du temps. Nous comprenons le temps à partir de notre existence. Le temps du monde est une succession du temps présent. Il faut partir de la quotidienneté moyenne.

Celui qui s’intéresse aussi au temps, c’est Bergson.

Vulgaire c’est naturel chez Heidegger, c’est naïf ; d’où l’intérêt vulgaire de la quotidienneté. La conception commune est le premier dossier que nous avons du temps. C’est l’analyse du temps d’Aristote que Heidegger considère de vulgaire. Pas de mépris. Aristote a formulé nos idées habituelles sur le temps. On ne peut interroger le phénomène du temps que quand on le prend d’abord dans ce sens vulgaire. Et c’est parce qu’il ya uen déchéance du Dasein dans la quotidienneté que le temps se présente ainsi. Le Dasein se perd d’abord, et c’s ce que Pascal appelle le divertissement. S’il ya une temporalité inauthentique, c’est qu’il ya une temporalité authentique. On ne commence jamais par l’originaire.

Aristote donne aussi l’importance au concept vulgaire du temps. C’est le temps des choses. le temps originaire du temps ne se trouve que dans l’Ethique à Nicomaque, là où il est question pour le Dasein de voir ce qu’il va faire. C’est dans l’instant que le Dasein se voit lui-même. Le Dasein se voit dans un coup d’œil, grâce à la « phronesis ». Et cette « phronesis » a pour réel thème, l’être propre du Dasein. La phronesis d’Ariltote st cette conscience qui nous appelle à être nous même. C’est forcément lié à un kaïros. C’est en cela que Heidegger a donné de l’importance à « Ethique à Nicomaque 6. La temporalité authentique du présent, c’est l’instant.