Réflexions sur l’opinion dans l’œuvre de Platon.

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[texte étudié : extrait du Philèbe 38c – 39a]

L’opinion (doxa) apparaît être comme une image : sa définition est donc problématique. Cela voudrait dire que l’orateur se fonde sur un non-être.

·             L’opinion est liée à la sensation : elle provient en premier lieu d’une affectation sensible à laquelle l’âme ajoute un jugement ; c’est ce jugement proprement qui est l’opinion.

·             Ce jugement de l’âme est précédé d’un discours que Platon appelle un « dialogue de l’âme avec elle-même » ; et ce dialogue aboutit au jugement. [voir le Théètète 189e ; Le Sophiste 263 – 164] Mais ce discours est-il pris comme une analogie de la production du jugement ou est-il une mise en activité du raisonnement ?

Dans l’information le raisonnement traite du conflit de sensations différentes. Le jugement s’ajoute alors à ces informations.

·             L’opinion est l’intermédiaire entre l’être et le non-être. Au sens où l’opinion produit un discours, elle renvoie potentiellement à l’être de la chose en question, mais comme elle procède d’une sensation, elle est nécessairement fluctuante et indeterminée.

[voir : la République, livre V 476e – 478e et le Sophiste 260a jusqu’à la fin.]

 

- L’opinion vraie : lorsque l’opinion a trait à l’être par un discours conforme à la réalité (il est à noter que dans les Lois, la politique est garante de cette opinion vraie).

- L’opinion fausse : lorsque l’opinion échoue devant la puissance de la sensation.

 

Ressemblace & Dissemblance / Identité & Différence :

            Le premier argument de Socrate (réalisme absolu du langage) ne suffit pas pour frapper d’inutilité la réthorique en tant qu’art [261b] :

La réthorique peut se présenter comme une connaissance psychologique de ses effets sur l’auditoire ; les capacités de connaissance de l’orateur ne sont alors plus mises en cause et c’est en cela que la réthorique peut s’averer utile (justifier sa connaissance par l’utilité pratique sur un auditoire.) Un orateur joue certes avec la ressemblance et la dissemblance au sein de son discours et la connaissance propre à l’art oratoire est celle des effets de ce jeu. Socrate fait tout de même une nette distinction entre le vrai et le semblable.

Rhétorique (vraisemblable) / Philosophie (semblable)

 

Concepts ontologique de l’identité et de la différence :

La réthorique est une recherche du vraissemblable qui serait capable de surpasser la vérité dans sa réception chez l’auditoire.

Pour cela, la réthorique fait fond sur des antilogies (débats contradictoires). Le vraissemblable associe à une situation ce qui est en réalité norminativement loué ou blamé [exemple de l’éloge d’Helène dans le Gorgias, où Hélène est décrit en termes élogieux alors qu’habituellement, la guerre est reconnue comme étant de sa faute.]

Socrate réduit alors l’antilogie à une simple volonté de tromperie qui masque toujours l’interêt personnel de l’orateur face au publique, et ce indépendamment de la réalité des concepts en jeux.