Extrait du Ménon (85c-86c) de Platon

Explication de texte

     

            Le dialogue du Ménon commence directement, sans préambule, avec Ménon demandant à Socrate si la vertu peut s'enseigner. Ce n'est apparemment pas la bonne façon de poser le problème pour Socrate, car il lui semble illogique de s'interroger sur la susceptibilité de la vertu à pouvoir s'enseigner sans savoir ce qu'elle est en elle-même, c'est à dire sans connaître son essence. Après quelques tentatives avortées - car "démontées" par les questions de Socrate - de la part de Ménon pour donner une définition de la vertu, ce dernier n'hésite pas à comparer Socrate à une torpille qui engourdit ses interlocuteurs (80a)- comparaison qui est du reste célèbre. Puis viens une objection très intéressante que Ménon emprunte aux sophistes (notamment à Xénophane, dans ses"fragments"), et qui nie toute possibilité d'accéder à la connaissance, c'est à dire qui nie toute science (80e : "et comment chercheras-tu, Socrate, ce dont tu ne sais absolument pas ce que c'est…"). Cette objection marque le tournant épistémologique du dialogue qui dévie alors vers la recherche d'un accord concernant la méthode à employer pour apprendre et parvenir jusqu'à la connaissance : cela devient une recherche épistémologique. L'objection de Ménon se résume en termes simples : on n'a pas à chercher ce qu'on sait et comment chercher ce qu'on ignore, puisqu'on ignore alors ce qu'il faut chercher ? Cela ne laisse que deux solutions : ou il est impossible d'accéder à la connaissance, ou il faut déjà tout connaître. Platon répond à cette objection par un tour de force magistral qui va devenir fondamental pour sa conception de la connaissance : la théorie de la réminiscence. Cela se passe en trois temps dans le Ménon : il commence à exposer sa théorie en l'empruntant des mythes et des poèmes en 81b-81e (de Pindare et de la religion Orphique notamment), puis il contrôle expérimentalement ces affirmations religieuses en prenant pour objet d'étude le jeune esclave de Ménon qui se fait interroger sur des questions géométriques (82a-85b). Le dernier temps de l'exposition est celui de l'interprétation conceptuelle des résultats de la recherche expérimentale. C'est ce dernier temps de l'exposition (85c-86c) qui fait l'objet de la présente explication de texte.

            Cette théorie de la réminiscence permet à Platon de dépasser les objections sceptiques et sophistiques de son temps, et permet aussi de dépasser le contraste fondamental de la philosophie de la connaissance entre pessimisme et optimisme épistémologique. La problématique à laquelle il se confronte est effectivement complexe, car elle touche à la formation des idées et au parcours de recherche de la connaissance : Qu'est-ce l'acte d'apprendre ? Quels sont les mécanismes en jeu dans la possession du savoir ? Par quel moyen l'âme connaît-elle les objets intellectuels tel que des théorèmes mathématiques ? La problématique porte surtout sur l'objection des Sophistes mise en avant par Ménon : comment peut-on désirer savoir une chose dont nous possédons absolument aucune idée ? Cela est apparemment impossible. Or, il est indéniable que l’homme possède un désir de connaissance des choses qu’il ne sait pas encore : comment rendre compte de cela ? A partir de ces questions, et maintenant que l'on a pu observer expérimentalement que le jeune esclave avait en lui des opinions vraies indépendamment de tout enseignement antérieur, il est nécessaire de se demander d'où proviennent ces opinions vraies, c'est à dire de quelle façon elles arrivées dans l'âme de l'esclave, et ce qui manque à ces opinions vraies pour devenir un savoir, une science ?  Le thème fondammental de cet extrait porte donc essentiellement sur cette question : y a-t-il vraiment dans l'âme des idées innées de tout objet intelligible ?

            La théorie de la réminiscence constitue la réponse à cette problématique. L'homme a déjà en lui toutes les vérités, mais il l'ignore. Les opinions vraies sont à l'intérieur de l'âme avant même qu'elle soit ralliée à un corps ; et ces opinions sont suscitées par une interrogation et une stimulation constante permet que ces opinions vraies deviennent des connaissances. Ces opinions vraies, en tant qu'elles sont dans le sujet, ont dûes être de tout temps dans l'âme humaine, du temps de sa vie terrestre et du temps de sa vie non terrestre. C'est le point le plus subtil de la doctrine de la réminiscence de Platon, car c'est le point qui inclut nécessairement l'immortalité de l'âme. Il n'y a donc aucune différence entre se re-souvenir et apprendre ; l'âme connaît déjà tout et l'ignorance n'est qu'un oubli. Il y a effectivement dans l'âme humaine des idées innées.

            Dans cette théorisation des résultats de l'expérience faite sur l'esclave de Ménon, le cheminement argumentatif de Platon se fait en trois temps. Dans un premier temps (ligne 1 à 11), il est question d'exposer ce que l'on peut conclure de l'expérience faite sur l'esclave : il y a des opinions vraies dans l'homme qui n'a pas de science acquise, pourvu qu'on l'interroge avec méthode. Le deuxième temps du texte (ligne 12 à 43) sert à démontrer qu'il y a toujours eut dans l'âme humaine des opinions. Et cela se démontre en niant une des deux hypothèses qui se déduisent des observations du premier temps. Le troisième et dernier temps du texte (dernière tirade de Socrate) constitue en quelque sorte la conclusion, les limitations et les enseignements à retirer de la théorie de la réminiscence.

            Les poètes savent, par inspiration divine, que les âmes sont immortelles et qu'elles ont beaucoup perdu à s'incarner dans un corps, ne serait-ce que la vision de toutes les vraies choses. C'est aussi ce que pense Platon, et c'est pourquoi, en tant que philosophe, il va conceptualiser cette mythologie. Et il va commencer en soumettant cette "intuition divine" des poètes à l'expérience concrète : Socrate expérimente la théorie de la réminiscence sur l'esclave de Ménon. Cet homme ne savait rien, et pourtant, il a découvert, guidé par les interrogations de Socrate, que le carré double d'un autre est celui qui est construit sur la diagonale (82b-85b). L'extrait que l'on traite dans ce commentaire commence à ce moment : il faut maintenant interpréter l'expérimentation menée sur l'esclave de Ménon. L'observation première et essentielle à retirer de cette expérience, c'est bien que l'homme dénué de science sur un sujet donne des réponses justes pour peu que l'on interroge avec méthode. C'est une observation directe et indiscutable : l'esclave a effectivement répondu juste aux questions. Nous pouvons déjà distinguer deux choses importantes des deux premières tirades de Socrate.

            Première chose : Socrate insiste bien sur la modalité de l'interrogation : les questions doivent susciter les opinions. Socrate maîtrisait son sujet lorsqu'il  questionnait l'esclave de Ménon. Nous ne sommes donc pas dans n'importe quel type d'interrogation. Il faut "susciter", "provoquer", "faire naître" l'opinion vraie dans la bouche de l'esclave ; bref, l'interrogation cherche à provoquer chez l'esclave un raisonnement de causalité.

            Deuxième chose : une stimulation constante sur le même sujet permet la transition entre opinion et connaissance. C'est à dire qu'une interrogation bien menée permet de transformer l'opinion vraie en connaissance : "…il finira par avoir sur ces sujets-là une connaissance aussi exacte que personne." Toutefois, il est possible de  posséder des opinions droites sans être capable de les justifier, c'est à dire sans avoir la science. Platon reviendra sur ce problème un peu plus loin dans le Ménon (97c-98c).

            L'homme qui ne sait pas recouvre donc en lui même la connaissance. Ce n'est donc pas de l'objet proprement dit, c'est à dire de la chose qui est en face de nous, que l'on tire une idée exacte ; c'est au contraire en se concentrant sur soi que l'on parvient à une idée vraie de l'objet intellectuel. Il n'y a donc pas besoin de maître pour accéder à la connaissance, mais il faut toutefois qu'un "accoucheur dialectique" tel que Socrate puisse permettre d'accéder à l'intérieur de soi. C'est tout l'art de la maïeutique de Socrate. Il ne délivre pas d'enseignement positif, mais rend l'homme positif envers lui-même. C'est à partir de là que Platon se détache des sophistes qui prétendaient pouvoir enseigner tout à tous en délivrant un enseignement positif, mais c’est aussi à partir de là qu’il dépasse l’objection de Ménon qui affirme que l’on ne peut chercher ce dont on n’a pas idée (en 80e) : les idées sont déjà en nous, et il y a donc de l’a priori dans l’acte de connaissance. Et ces idées elles ne sont pas créées ex-nihilo par l'enseignement positif d'un maître qui remplit ses élèves de connaissances comme on remplit d'eau un vase vide par un vase plein (voir à ce sujet le Banquet 175d, où Platon utilise cette métaphore).

            La question, maintenant, est de savoir sous quelle modalité l'opinion vraie surgie de l'intérieur de l'esclave, et surtout sous quelle forme elle se trouvait avant qu'elle ne soit suscitée.

Platon fait la déduction suivante : "recouvrer en soi-même une connaissance, c'est se la remémorer". C'est faire un grand bond déductif en affirmant cela ; cependant, il est logique d'affirmer que le surgissement d'une connaissance de l'intérieur de soi-même est tout à fait semblable à l'acte de re-mémoration. En effet, l'opinion surgit presque d'elle même, de la même façon qu'un souvenir surgit tout à coup lorsque l'on consulte notre mémoire à sa recherche. Ce qui veut dire que l'opinion était en quelque sorte "stockée" dans l'âme à la manière d'une information reçu et mémorisée, elle était donc présente à l'intérieur de l'esclave, mais de manière à ce qu'elle ne se savait pas encore de façon consciente, comme si elle était dans un état léthargique ou en sommeil. Cela étant admis, deux hypothèses s'offrent alors (5ème tirade de Socrate) : soit le garçon possède la connaissance depuis toujours, soit il l'a reçu à un moment donné. Effectivement, si l'opinion surgit sous la modalité de la re-mémoration, ou du re-souvenir, cela veut dire qu'elle existait déjà dans l'âme de l'esclave avant même qu'elle ne soit suscité par l'interrogation ; maintenant, le tout est de savoir de quelle façon elle y est entré et depuis combien de temps. Ces deux hypothèses sont disjointes et s'excluent : seule l'une des deux peut être vraie, en quel cas l'autre est fausse. Or il se trouve que Socrate écarte vite la seconde hypothèse. L'esclave n'a jamais reçu d'enseignement géométrique, et cela est confirmé par Ménon chez qui il a été élevé. A partir de ce moment, s'enchaîne un raisonnement déductif, un mouvement dialectique bien caractérisé que nous allons suivre pas  à pas. Platon part deux faits : l'esclave s'est remémoré une connaissance et personne ne lui a enseigné au cours de son existence humaine. Or il faut bien qu'il l'ait reçu à un moment donné. Il n'a donc pas reçu cette opinion au "cours de sa vie actuelle" (6ème tirade de Socrate). Cette conclusion implique la grave affirmation de la préexistence de l'âme, c'est à dire de l'existence d'un "temps où il n'était pas un être humain". La théorie de la réminiscence et celle de l'immortalité de l'âme (du moins celle de sa préexistence) sont dans une corrélation logique évidente. Posséder "la vérité des êtres" en soi, et ce depuis toujours, cela sous-entend que cette vérité des êtres a été contemplé par l'âme dans une existence antérieure à la vie humaine. A ce point du raisonnement, c'est effectivement la seule possibilité offerte. L'immortalité de l'âme, dont Platon a douté dans ses premiers dialogues (voir par exemple l'Apologie de Socrate 29 a-b), devient maintenant une condition de la science, et le fondement de la théorie de la connaissance Platonicienne. C’est ici un des premiers remaniement positif dans l’œuvre de Platon : la plupart des spécialistes considèrent que le Ménon est un des premiers dialogues écrit lors de la création de l’académie. Il fallait donc que Platon commence à poser les bases positives de sa théorie de la connaissance, chose qui le distingue de ses premiers dialogues, purement aporétiques. Toutefois, la réminiscence n’est pas déduite de l’immortalité de l’âme, au contraire, c’est cette dernière qui se déduit de la réminiscence. Il est possible de faire plusieurs rapprochements entre l’exposition de la théorie de la réminiscence du ménon et d'autres dialogues de Platon, mais nous pouvons nous contenter de citer le Phèdre (en 248 a-c) où il est question, dans un mythe, de l'âme qui contemple les vérités avant de s'incarner dans un corps. Ce sont ces vérités contemplées qui deviennent les opinions qui sont dans l’âme à l’état léthargique, dès lors que l’âme s’incarne dans un corps. L’incarnation devient donc indissociable de l’oubli. Cependant, nous restons ici, dans cet extrait du Ménon, non dans le mythe, mais dans une conceptualisation. Notons que beaucoup de commentateurs, notamment chez les philosophes Chrétiens (comme Saint Augustin), on pût dégager, à ce niveau, une interprétation qui ferait de Platon un philosophe qui tente de conceptualiser la contemplation, c'est-à-dire le retour sur soi pour parvenir et rester à la connaissance vraie. La question reste en suspend.

            La dernière tirade de Socrate, à partir de laquelle se constitue la troisième partie du présent commentaire, dévoile vraiment le fond de la pensée de Platon sur cette théorie de la réminiscence, c'est-à-dire ses limites, ses applications pratiques et la croyance intrinsèque qu’elle sous-entend.

            Ménon (ligne 42 de l’extrait) : « J’ai l’impression que tu as raison, Socrate, je ne sais comment ». Qu’est-ce que cette tirade de Ménon permet de penser ? C’est exactement la définition typique d’une opinion, c'est-à-dire d’une connaissance qui ne se sait pas encore, qui n’a pas atteint le stade de science, qui ne peut s’expliquer elle-même. Il est impossible de ne pas voir dans cette phrase la confirmation implicite de tout le raisonnement précédent. Ménon concède à Socrate la vraisemblance de ce qu’il vient d’affirmer, sans toutefois pouvoir l’expliquer : Ménon découvre en lui l’opinion, tout comme l’esclave a réveillé en lui les opinions sur la géométrie. Socrate lui-même concède aussi l’affirmation de cette impression « Sache que moi aussi, j’ai cette impression, Ménon. ». Le dialogue précédent a réveillé en Socrate et en Ménon l’opinion vraie concernant la réminiscence. Toutefois, Socrate émet une certaine réserve sur cette théorie dans la dernière réplique de l'extrait "à vrai dire, il y a des points pour lesquels je ne m'acharnerais pas trop". La théorie de la réminiscence n’est pas défendable sur tous les points. Or, lorsqu’on observe attentivement le raisonnement qui a amené à ces conclusions, à savoir la réminiscence et l’immortalité de l’âme, on ne voit guère un point qui pourrait être faux sans tout remettre en question. Effectivement, nous l’avons vu précédemment, le raisonnement s’appuie sur tous les points pour avancer. Dans ce cas, comment interpréter la réserve qu’émet Platon ?

            Il est possible d'avancer l'interprétation suivante :  la théorie de la réminiscence n’en est qu’à l’état d’opinion chez Socrate et Ménon, comme nous l’avons explicité plus haut. Ce qui veut dire que sa véracité repose pour l’instant sur le ressentiment, elle n’en est pas encore au niveau de science, c'est-à-dire qu’elle ne peut être expliquée rationnellement. Ce n’est qu’une impression implicite de véracité. Cela confirme la réminiscence. Tout le travail dialectique précédent n’a fait que réveiller une opinion qui était dans l’âme de Socrate et Ménon ; opinion droite qui ne peut par définition prétendre à la scientificité, c'est-à-dire à l’explication rationnelle. C’est pour cela que Ménon et Socrate ressentent la véracité de cette théorie, mais ne peuvent - pour l’instant – en défendre tous les points. Il est possible de confirmer l’interprétation que nous avançons en rapprochant cette remarque du Phédon, notamment en 114 c-d : Socrate y affirme qu’il ne peut défendre de façon absolu le fait que l’âme est immortelle, il concède dans cette théorie une part de croyance, mais il affirme que c’est un risque à prendre pour la vérité. Remarquons que cette part de « croyance » - terme absolument pas péjoratif à ce niveau – est la condition essentielle de toute la théorie de la connaissance de Platon.

            La réminiscence a une grande importance pour la philosophie, car elle permet de dépasser les objections sophistiques et sceptiques dans lesquelles Platon était immergé en son temps, pour affirmer que la science est possible. Et c’est un grand coup de fouet pour l’envie de parvenir à la vérité et pour le philosophe qui la cherche, parcequ’elle est alors rendue possible et accessible : « nous serons meilleurs, plus courageux, moins paresseux que si nous considérions qu’il est impossible de le découvrir et qu’il n’est pas non plus nécessaire de le chercher. » On découvre ici avec quelle conviction Platon s’investit dans la recherche de la vérité, avec quelle énergie il s’est débattu avec son temps sur ces questions épistémologiques et comment la réminiscence permet de dépasser le découragement philosophique provoqué par les sceptiques.

Aussi Socrate, convaincu par la théorie de la réminiscence et enflammé par le désir de susciter des vocations philosophiques, affirme-t-il : « Je me battrais avec la dernière énergie, aussi fort que j’en suis capable, dans ce que je dis et dans ce que je fais ». Affirmation qui rend possible le fait que Socrate puisse mourir pour ses idées (chose qui, on le sait, fut rendu effective par l’histoire). Ce n’est donc pas sans raison que Platon prête ces paroles à Socrate, lui qui fut très affecté par la mort de son maître ; c’est en quelque sorte une façon de lui rendre hommage.

CONCLUSION

La théorie de la réminiscence occupe une place importante dans le "système" Platonicien, du moins si l'on considère son oeuvre synthétiquement et en vue d'en dégager une doctrine positive. Il y aurait donc de l'a priori dans tout acte de la connaissance et l'âme ne serait pas une table rase dans laquelle s'imprime la connaissance sensible. L'expérience sensible n'aurait qu'une valeur d'occasion pour la recherche de la connaissance scientifique et philosophique, car la connaissance est déjà en nous : on ne la trouve pas à l'extérieur de soi, mais en soi. La théorie de la réminiscence est donc le pont jeté entre le sensible et l'intelligible dans le dualisme ontologique de Platon, et sous-entend le fait que l’âme est préexistante à la vie terrestre. Et c'est dans cette partie du Ménon (de 80e à 86c) que Platon expose cette théorie conceptuellement.

Il est possible de voir, dans un certain sens, une application de la théorie de la réminiscence dans la méthode de l'enseignement philosophique actuel, car ce dernier est basé sur cette conception de la connaissance : les professeurs sont moins des maîtres positifs que des susciteurs de questions ; ils cherchent plus à provoquer le questionnement chez l'étudiant afin qu'il trouve lui-même ce qui lui semble vrai, que de lui fournir un enseignement positif.