Le Stoïcien est persuadé que l’Univers est parfait tel qu’il est, que tout s’y passe sous la loi d’une sagesse supérieure qui dirige l’ensemble des choses à des fins déterminées uniquement par elle. Il désire et aime absolument tout ce que cette providence bienveillante met ou prend dans sa vie. Dès lors, cette volonté d’adhésion ne dépendant que de lui, et rien ne pouvant modifier cela, il connaît en toutes situations, même les plus opprimantes, et durant toute sa vie, une liberté et un bonheur absolu que beaucoup lui on envié. Et agissant, en philosophe éclairé qu’il est et malgré la difficulté imperieuse de sa méthode, afin que tout ses semblables puissent se baigner avec lui dans cet océan illimité et indestructible qu’est le bonheur Stoïcien ; Illimité car il n’a aucune limites, indestructible car rien ne peut l’entraver ou le pervertir.

Il faut voir le Stoïcien comme un homme sur un morceau de glace immergé dans un océan glacé ; il avance en n’y mettant que les mains pour ramer, mais sait que s’il s’aventure trop en dehors de son glaçon, parcequ’il se soucie des choses de l’océan, il va y tomber, et va se retrouver à errer dans cet océan glacé. Considérons le glaçon comme l’âme et l’océan comme les choses exterieures, duquel il se sert pour avancer.

Chaque agissement du Stoïcien est motivé par le produit de l’industrie complexe de la raison, interprété le plus objectivement possible par l’esprit. Et il doit garder à l’esprit de ne jamais faire rentrer dans cette industrie une quelconque passion, un quelconque sentiment ou un quelconque désir ayant pour cause une chose exterieure. Le renoncement à toutes ces choses exterieures sont donc le prix dont s’achète le bonheur Stoïcien, car elles pervertissent selon lui le cheminement de la raison. D’où la plus grande difficulté empirique de sa morale pour l’être humain, par nature sensible, passionné quelques fois, desireux souvent.

 Le Stoïcien est donc un rationnaliste qui évite les influences extérieures au développement de ses actions raisonnables.

RETOUR