Essai sur le stoïcisme
Par Vivien Hoch, Institut catholique de Paris

Tu es, et partout où tu te trouves, il n'y a que toi. Tu es seul, et tu seras toujours seul, de même que tu n'as toujours été que seul. Les circonstances, les alentours et le lieu, les gens avec qui tu te trouve ici et maintenant ne sont rien. Il n'y a que toi avec toi. Et c'est toi qu'il faut connaître, car il n'y a que toi. Circonstance défavorable ou non, cela ne change absolument rien. Tu seras toujours toi ; et toi, tu ne changes pas selon les choses extérieures : ce qui change, c'est ton humeur et ton jugement pervertis par ce qui t'entoure, que tu crois qu'il dépend de toi de changer. Les sentiments et la passion – l'amour par-dessus tout – sont le diable, car c'est eux qui t'entraînent vers ce qui est extérieur à toi, vers le plaisir qui n'est finalement qu'illusion.
Il n'y a que toi de vrai, le reste n'est qu'illusion. Tu es jeté ici-bas à la naissance, parmis la multitude incommensurable de méandres qu'offre le monde, et tu sera toujours seul avec toi-même. Le sage enfermé en ce qu'il est lui-même fait ce qu'il veut et va où il veut. Il est libre et heureux, malgré la gravité des choses.