
L'éminent (collègue ? ami ? ennemi ?) de saint Thomas d'Aquin a laissé une oeuvre profondément marquée par l'expérience de saint François d'Assise et le mode de vie Franciscain, vivant dans le monde, et attentif à y découvrir Dieu, tant par les sens matériels que par les sens spirituels.
Vivant à la même époque que saint Thomas d'Aquin, saint Bonaventure propose une vision très différente du docteur angélique. Son oeuvre est extrêmement agréable à parcourir et son style débarde quelquefois dans le mysticisme.
Giovanni da Fidanza, né à Bagnorea (actuelle Bagnoregio, près de Viterbe, Italie) en 1217-1218 ou 1221, mort à Lyon dans la nuit du 14 et 15 juillet 1274, plus connu sous le nom de Bonaventure (qui est du à une petite légende) pris lors de son entrée dans les ordres.
Il fut ministre général de l'Ordre franciscain et est Docteur de l'Eglise, connu sous le titre : Docteur séraphique, dû à son commentaire de l'expérience de saint François d'Assise avec le Séraphin.
Son œuvre complète a été publiée, en 10 volumes in-folio, entre 1882 et 1910par le Collège d'études médiévales des Franciscains de Quaracchi (Florence).
* Livres d'exégèse :
- Commentaires du Livre de la Sagesse
- Commentaire de l'Evangile selon Luc
- Conférences sur l'Évangile de Jean.
* Livres de spiritualité :
- Les Trois voies de la Vie spirituelle
- L'Itinéraire de l'âme vers Dieu (oeuvre qui est en quelque sorte une phénoménologie de l'Esprit)
- L'Arbre de vie
- Le Soliloquium
* Commentaire sur les 4 Livres du Maître des sentences de Pierre Lombard
* Vie de saint François
* Un compendium de Théologie : Le Breviloquium (son oeuvre essentielle)
* De très nombreux sermons
* Une synthèse de théologie spirituelle Les Conférences sur l'Hexaemeron.
LES POINTS DE CONFLIT AVEC SAINT THOMAS D'AQUIN
Le franciscain Guillaume de La Mare rédige un Correctoire de Frère Thomas (en 1279) qui rescence tous les points de conflits entre Thomas d’Aquin et les Franciscains. Bien que les deux immenses penseurs se soit beaucoup cotoyés, certains points conflictuels surgissent entre eux : il convient de les présenter.
1) Querelle sur le commencement du monde et son éternité. (proposition 6)
Pour Aristote, et tous les Grecs, le monde n’est pas une création, mais seulement un changement (cf. le démuirge de Platon dans le Timée). Dieu n’est qu’auteur et principe.
Saint Thomas, lui, ne tranche pas cette question : il dit que c’est impossible à déterminer philosophiquement.
2) Querelle de l’hylémorphisme (proposition 28)
Saint Thomas a osé affirmer l’unité de l’être humain, unité substancielle d’âme et de corps : l’homme est un corps. Cela dépasse la conception néo-platonicienne en vigueur chez tous les théologiens.
3) La vision Béatifique (propostion 49)
La Béatitude ne consiste plus en un acte de la volonté, mais en un acte de l’intelligence (Somme théologique, Ia, IIae, art. 4, qu. 3.) En effet, si l’homme est définit come un anipmal raisonnable, la béatitude ne peut consister qu’en ce qui caractérise l’homme en propre.
La volonté représente un manque : on veut parce qu’on a pas. Or la béatitude est une possession qui consiste en l’identification du connu (Dieu) au connaissant (l’homme).
Ce conflit illustre les problèmes des statuts de l'affect et de l'intelligence.
4) Le rapport à l'Ecriture sainte
La raison est le propre de l'homme : il n'y a pas de raison qu'elle ne puisse pas connaître Dieu. La raison créé représente la théologie naturelle. Pas cette question chez Bonaventure.

