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Du sport en tant qu'évènement passionnel



#1 L'événement sportif qui se joue de façon indépendante de l'individu passionné lui-même, c'est à dire en tant qu'il n'influe ni directement ni indirectement (*) sur le résultat ou la qualité de l'événement, est inscrit dans la culture civilisationnelle du siècle. La passion (passio) est un patîr (pati) qui permet la médiation de l'intellect humain au monde sous un mode patent.

#2 Le lien passionnel qui se manifeste sous une forme sensible durant l'événement est un divert-issement au sens Pascalien ou Hobbesien de sa significativité, c'est à dire qu'il permet d'oublier sa caractéristique fondammentale d'être-pour-la-mort.

#3 Le lien passionnel du spectateur au joueur, et la non possibilité d'agir du premier dans un événement qui le dépasse dans sa cause finale, bien qu'il se manifeste d'une façon intentionnelle, extrasèque et distante, permet de comprendre l'invalidité frappante du concept de liberté de conscience : le spectateur n'est plus maître de son propre destin, ni de ses propres pensée. Le déroulement du match est une autorité suprême et absolue du destin.

#4 L'événement sportif permet de justifier de façon pragmatique un pan entier de la conception Aristotélicienne du monde sub-lunaire en sa contingence substancielle : le match peut tout aussi bien être gagné qu'être perdu : la victoire peut tout aussi bien être que n'être pas : la contingence du résultat justifie le concept de liberté.

#5 L'événement sportif est un lieu conscient qui permet d'évacuer ou de créer l'énervement dans un cadre délimité. Ce qui empêche la folie intrinsèque de certains individus de se répandre dans la société, créant des dommages certains.